Orchestres publics et privés
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 Orchestres publics et privés

Le Défenseur des Artistes Musiciens, Danseurs, Chanteurs et Enseignants de France.

La formation d’un musicien est longue, difficile et coûteuse. Il y a en outre, l’achat d’un instrument digne du niveau professionnel auquel il peut prétendre. Par exemple, un violon de qualité coûte plus de 20 000 euros et les plus beaux instruments dépassent les 100 000 euros.

Il reste que le métier de musicien permanent d’orchestre n’est comparable à aucun autre. Le niveau technique et artistique exigé des musiciens n’a cessé de s’élever et il est devenu impossible d’intégrer un orchestre professionnel sans une pratique collective avancée.

Si les statuts diffèrent entre les orchestres, les rémunérations restent relativement homogènes et se sont stabilisées ces dernières années, mais à un niveau sensiblement inférieur à celles des musiciens allemands qui en outre bénéficient d’un plus grand respect et de meilleures conditions de travail.

Plus d’une trentaine d’orchestres permanents se répartissent sur l’Hexagone et emploient près de 2 500 musiciens. Subventionnés par les pouvoirs publics — État et/ou collectivités territoriales —, ces orchestres sont implantés dans les grandes métropoles régionales ou accueillis au sein des maisons d’opéra. Le répertoire de ces phalanges symphoniques ou lyriques nécessite d’importants effectifs permanents allant de 50 à 140 musiciens.

Pour ces 2 500 musiciens employés en France par les orchestres permanents la compétition qui se joue lors des concours de recrutement est rude. Pour un poste à pourvoir dans un orchestre français, les candidats peuvent être au nombre de 100, voire 150.

Le recrutement au sein des orchestres symphoniques et des chœurs permanents s’effectue par concours. Ces derniers, organisés en cas de vacance de poste, sont annoncés plusieurs semaines à l’avance par voie de presse et via Internet, sur les sites des orchestres et ensembles et sur quelques sites spécialisés.

Les ensembles spécialisés sont le plus souvent constitués d’un « noyau dur » d’interprètes choisis par le chef ou le collectif qui administre la formation. Leurs effectifs peuvent varier en fonction des œuvres présentées, avec un recours ponctuel à des musiciens ou choristes supplémentaires. Aucune règle ne préside au recrutement de ces artistes, si ce n’est l’usage de la cooptation, du bouche-à-oreille ou le recours aux musiciens régionaux les mieux placés dans les concours, d’où la nécessité d’avoir un nombre significatif d’intermittents de haut niveau.

Les recrutements au sein des ensembles étrangers sont notamment publiés par la presse en ligne.

C’est, un métier dans lequel le travail individuel ne doit jamais s’interrompre, pour rester à la hauteur du résultat collectif recherché. Un métier dans lequel est inscrit le principe de « contrôles » réguliers et qui place chacun en situation d’écoute permanente des autres.

C’est, un métier avec des risques importants de problèmes auditifs, des acouphènes, du stress, différentes douleurs physiques hernies discales, cervicales, tendinites, capsulites rétractiles. Enchaîner les concerts peut devenir un calvaire.

Le parcours pour devenir instrumentiste dans un grand orchestre est déjà une épreuve en soi, entre études longues et exigeantes, pratique individuelle, pratique collective et concours extrêmement sélectifs. Une fois en place, le quotidien d’un musicien n’est guère plus reposant ni sécurisant. Deux tiers des artistes-interprètes sont victimes d’un problème de santé lié à leur travail. 14 % des artistes souffrent d’une perte de l’audition et 13 % d’acouphènes. En cause d’abord « le volume élevé dans une fosse d’orchestre ».

L’Institut national de recherche et de sécurité rapporte que les membres des orchestres symphoniques sont exposés, tous les jours, à des seuils sonores qui varient de 81 à 91 décibels.

En France, depuis un décret adopté en 2006, il est théoriquement interdit de dépasser le seuil des 87 décibels dans le cadre professionnel.

Second risque fréquent, la faible luminosité dans la fosse, qui entraîne des problèmes de vision chez environ 12 % des instrumentistes.

Enfin, le corps n’est pas à l’abri des douleurs dues aux tensions importantes que subissent les membres, les muscles, les articulations, conséquence d’un travail permanent, constant ou même de chaises mal réglées et des gestes exécutés sans relâche. Un musicien sur cinq se plaint de douleurs aux épaules et à la nuque. Le stress, toujours présent, constitue un facteur aggravant pour le corps et l’esprit.

Cette réalité est bien connue des kinésithérapeutes et médecins du travail spécialisés. Des solutions simples existent parfois, comme augmenter l’espace entre chaque instrument,

des « écrans acoustiques transparents » pour éviter que les « bois », qui se trouvent en général devant les « cuivres », ne se fassent trop souffler dans les oreilles, mais elles ne sont pas toujours possibles à appliquer.

Les bouchons d’oreille en silicone sur mesure peuvent aussi permettre de diminuer les décibels sans altérer les mélodies. La plupart des musiciens en sont équipés, mais très peu d’entre eux, notamment chez les vents peuvent jouer avec ! L’écoute du son est trop différente ainsi que le dosage des nuances. Les musiciens peuvent se protéger avec ces bouchons lors de passages qui sont joués fortissimo lorsqu’ils ne jouent pas, ce qui est rare pour eux !

Les praticiens s’accordent à dire qu’il est très important que les plus jeunes, qui commencent souvent leur carrière très tôt, assimilent d’emblée les « bons gestes » pour ne pas subir des séquelles sur le long terme.

Massages, espaces de repos, amélioration des chaises et de l’éclairage sont indispensables.

Et ceci a un impact sur la qualité de l’interprétation.

En France, les orchestres s’émoussent lentement du sous-financement public.

Alors que les musiciens voient leur prestation saluée dans la presse étrangère, relevant des « critiques dithyrambiques » qui tranchent avec le climat français, quand d’autres préconisent la fusion de certains orchestres pour faire encore et toujours des économies.

Ces tournées à l’étranger permettent aussi de mesurer que les turbulences ne sont malheureusement pas propres à la France. Quel que soit leur mode de financement, public ou privé, les orchestres symphoniques traversent des moments très difficiles, subissant une baisse du soutien public ou la chute des recettes du mécénat. Alors que d’autres frais sont toujours exponentiels (administration, chefs d’orchestre, etc.).

Les orchestres, un service public

Les artistes s’inquiètent de la « mort lente » qui menace les formations musicales. Pourtant les orchestres ont des missions de « services publics », à l’image de l’école et participent à l’éducation artistique et culturelle. En France, alors que les orchestres sont financés essentiellement par les fonds publics, le soutien de l’État « stagne en euros constants depuis 2004 ». Certaines collectivités locales prennent partiellement le relais, d’autres se désengagent. Les orchestres de Radio France sont, quant à eux, financés sur le budget de la radio publique, lequel repose sur la redevance. Chaque orchestre reçoit une dizaine de millions d’euros.

Le modèle de financement public français n’est pas isolé, il concerne l’Europe du Nord, la Suède, la Norvège, le Danemark, et tout particulièrement la Finlande, laquelle compte seize orchestres permanents pour 5,5 millions d’habitants ! Mais aussi l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, et aussi l’Europe de l’Est.

Il n’y a certes pas trop d’orchestres en France, bien au contraire, il n’y en a pas assez ! En se penchant sur l’expérience d’autres pays, on constate que certains offices publics de radio ont déjà opté pour la fusion. C’est le cas de la RAI, qui a réuni en un seul ses trois orchestres de Rome, Milan et Turin, comptant sur les départs en retraite non remplacés pour dégonfler à terme certains pupitres. Ce qui en fait aujourd’hui un orchestre sans profil artistique. Fusion prévue aussi entre Baden-Baden et Stuttgart, au sein de la radio régionale SWR : le monde musical consterné se bat encore pour empêcher cette hérésie, qui tire un trait sur deux phalanges dotées chacune d’une histoire et d’une tradition prestigieuses. D’autres radios entretiennent plusieurs orchestres. C’est le cas de la Radio bavaroise, à Munich, où la coexistence est rendue plus facile par le fait qu’il y a un orchestre A, le symphonique, l’un des meilleurs du monde et une formation B, le Rundfunkorchester, spécialisé dans les récitals lyriques, les opéras en version de concert et la musique de divertissement.

La BBC, elle, abrite pas moins de cinq formations. À Londres, le BBC Symphony et le Concert Orchestra, destiné à la musique légère, à Manchester, le BBC Philharmonic, ainsi qu’une phalange pour la station écossaise et une autre pour la chaîne galloise.

Berlin offre un exemple réussi d’externalisation d’un orchestre. À la chute du Mur, pour éviter que la Radio de Berlin ne compte deux formations, le Radio-Symphonique est devenu une SARL dans le capital de laquelle la Radio nationale allemande entre pour 40 %, l’État fédéral pour 35 %, le Land de Berlin pour 20 % et la Radio de Berlin pour 5 %.

Paris, avec ses trois orchestres symphoniques permanents (Orchestre de Paris, Orchestre national, Orchestre philharmonique), n’est pas en avance sur Berlin et ses cinq phalanges (Philharmonique, Staatskapelle, DSO, RSB, Konzerthaus) ou Londres, qui en compte autant (Philharmonia, London Symphony, London Philharmonic, Royal Philharmonic, BBC Symphony).

Les différences de modèles économiques et sociaux n’en sont pas moins importantes selon les pays. Aux États-Unis, les orchestres n’ont pas de financement public, mais les musiciens sont salariés. En Grande-Bretagne, le financement est aussi privé, mais les musiciens permanents ne sont payés que lorsqu’ils jouent. Sans parler des ensembles baroques et de chambre qui ne se réunissent qu’au contrat, pour des projets spécifiques, et non à l’année. En Allemagne, les subventions n’excluent pas un autofinancement important : le Philharmonique de Berlin, dont les musiciens pratiquent l’autogestion, est une fondation de droit public faisant une très large part aux ressources privées, ce qui n’est pas dans la culture ni dans la législation française, ce qui est très bien.

Pour sortir de l’anonymat du paysage musical en partant à la rencontre du public, des concerts sont organisés à travers la France avec notamment des répétitions publiques, ateliers, rencontres, avec les artistes. Par ailleurs, la plupart des orchestres ont un service pédagogique important destiné aux scolaires, ainsi que des actions visant à conquérir un nouveau public.

C’est une façon de mettre en lumière une pratique culturelle moins visible que l’opéra, mais qui recense chaque saison, autour d’une trentaine d’orchestres permanents (dont le budget global de 220 millions d’euros est supporté à 82 % par les finances publiques), près de 3 200 concerts et plus de 2,5 millions de spectateurs ?

Beaucoup d’activité, pour les artistes, mais pas suffisamment de rayonnement, notamment à l’étranger, sur Internet et en termes de production phonographique.

Pourquoi, par exemple, aucun orchestre français ne figure dans les dix meilleurs mondiaux, aux côtés des Philharmonies de Vienne et de Berlin, du Concertgebouw d’Amsterdam, de l’Orchestre symphonique de Londres et des grandes formations américaines, alors que beaucoup le mériteraient ?

« Les Français adorent la musique, mais ils ne l’aiment pas. »  La boutade de Berlioz serait-elle toujours vraie aujourd’hui ?

Les orchestres sont en quelque sorte le reflet des institutions. En ce sens, il nous faut prendre en considération la place déclinante des cultures savantes dans notre société, la confusion avec l’art ou la culture d’une part et le divertissement d’autre part. Sans parler du niveau de certaines élites qui leur fait se diriger totalement et sans discernement la culture populaire.

À cela s’ajoutent des causes plus spécifiques, comme le manque de vrais auditoriums en France.

La musique ne prend toute sa valeur que dans une salle adaptée.

Il est parfois difficile de faire des programmes ambitieux, car les orchestres dépendent de directeurs de salle peu connaisseurs et souvent très conservateurs.

Les dysfonctionnements peuvent venir aussi des orchestres eux-mêmes, et des relations entretenues avec leur chef.

Les chefs qui cumulent les postes et l’abysse qui existe entre le salaire moyen d’un musicien (de 2 300 à 4 000 euros net hors super solistes) et celui d’un chef qui touche 30 000 euros par concert peuvent être source de problèmes.

Ce phénomène qui date des années 1980 a déséquilibré les comptes des orchestres en favorisant les grands chefs et les grands solistes dans un nouveau mode de « star système ».

On constate avec plaisir une égalité de salaire homme/femme.

Une autre coupure entre musiciens commence tôt. Jusqu’aux années 1980, l’enseignement des conservatoires français était essentiellement tourné vers la production de solistes. Jouer dans un orchestre apportait peu de crédit. Difficile alors d’ériger cette tradition qui caractérise par exemple les orchestres germaniques. On se souvient de l’aura de la mythique Société des concerts du conservatoire, qui révéla à Wagner la quintessence de la Neuvième Symphonie de Beethoven, ce que n’avait pas su faire l’Orchestre de Leipzig.

Mais les ensembles français d’aujourd’hui restent encore trop peu connus.

La production phonographique des majors, qui ont longtemps privilégié les orchestres d’Europe du Nord et des États-Unis, a sa part de responsabilité.

Les orchestres français ont pourtant de nombreux d’atouts.

Ils ont cette culture de la précision, des sonorités, de la curiosité, de la cohésion et de la cohérence que n’ont pas d’autres formations étrangères plus strictes et systématiques dans l’interprétation.

Les artistes sont de plus en plus professionnels et le métier de musicien d’orchestre est arrivé à un sommet jamais atteint.

Car ne l’oublions pas, c’est la valeur des musiciens français, dont la qualité était, pour le chef d’orchestre et compositeur Pierre Boulez, comparable à celle des grands musiciens étrangers.

En dehors des orchestres permanents, une centaine d’ensembles de chambre et ensembles spécialisés professionnels, regroupant environ 3 000 interprètes, exercent une activité majeure de production et de diffusion en France comme à l’étranger.

La plupart d’entre eux sont rassemblés sur la base de quelques caractéristiques communes : la défense d’un répertoire spécifique (musique ancienne, baroque ou contemporaine), l’engagement de musiciens intermittents et la présence d’une structure administrative professionnelle permanente. Certaines formations résolument orientées vers l’interprétation contemporaine.

La majorité des ensembles reçoit le soutien des collectivités territoriales et du ministère de la Culture.

Espérons que la Nouvelle Philarmonie de Paris ouverte en 2012, et dédiée aux orchestres, ainsi que les nouvelles salles comme l’auditorium de Radio France, magnifique arène dédiée à la musique, la salle de Bordeaux Métropole Aréna, la salle du nouveau siècle à Lille, la Seine musicale à Paris ou l’auditorium de Dijon, leur donnera une impulsion salutaire, car ils sont le reflet d’une culture et d’un art qui dispense une émotion sans pareil grâce au talent des artistes qui les composent.

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